[i][/i][SIZE=14][COLOR=blue]
De quatre familles, bientôt, l'Association AERO en géra douze, puis quinze, puis actuellement 28.
Au retour de chacun de mes voyages, j'expédiai aux adhérents photos et commentaires sur l'évolution des familles, les réussites ou les échecs rencontrés.
J'avais trouvé une autre formule pour fournir l'aide alimentaire aux familles. Je m'étais entendue avec le supermarché ROUSSETY, à Port Mathurin, avec lequel nous travaillons toujours, pour qu'il livre directement la nourriture aux familles. J'en avais élaboré la liste avec elles, à hauteur de 1300 roupies. Cette livraison comprend : un sac de 25 kilios de riz, des pâtes, des grains secs, des conserves, du dentifrice, des savonnettes, du savon (pour la lessive) des corn flakes, de l'huile, du poisson ou un poulet congelé.
Un autre collaborateur, plus sérieux que le premier, (qui avait "omis" pendant quelques mois de payer les familles, puisant dans les subsides de l'Association mais qui, lorsque je m'en suis aperçue, m'avait fait promettre de ne pas en parler à sa femme..., moyennant quoi il me rendrait tout l'argent "détourné", ce qu'il a fait jusqu'au dernier centime de roupie, j'y ai veillé), un autre collaborateur donc avec lequel nous fonctionnons depuis quatre ans, paye le supermarché chaque mois, visite régulièrement les familles en mon absence et me fait part des difficultés qu'il rencontre. Il me fait parvenir comptes et factures et tout est parfaitement en ordre. C'est une personne de confiance qui s'investit, avec son épouse, dans notre démarche, sensibilisés par l'intérêt que nous portons aux plus démunis de leur île, et je me réjouis d'avoir enfin déniché la perle rare. Il s'agit de Jean-Noël et de Marie-Claude Hortense, eux mêmes parents de deux adorables filles. Jean-Noël travaille comme arpenteur pour le gouvernement, sa femme s'occupe de ses filles, de la maison, de ses poules, de ses canards, et ...de tous les enfants du quartier qui s'invitent chez eux pour se mettre à table. Elle aimerait bien trouver un petit boulot qui la sorte un peu de ses tâches ménagères, elle cherche, mais ce n'est pas facile à Rodrigues.
Passons à l'étude, cas par cas de chaque famille aidée par AERO
La famille CHEVERRY à Songe :
C'est le papa qui assure dans cette famille de 3 enfants, qui vit dans une case en tôle de deux pièces. Il est pêcheur, ne gagne pas suffisamment d'argent pour vivre décemment. Sa femme est alcoolique et quitte régulièrement le domicile conjugal. Elle peut s'absenter trois jours comme un mois entier. Gonzagues, son mari, va régulièrement la chercher, mais elle repart et à ma dernière visite elle n'avait plus donné signe de vie depuis 8 mois. Les enfants me semblent d'ailleurs aller mieux car elle déstabilisait complètement la famille et ils se sentaient abandonnés à chacune de ses fugues.
Nous fournissons à Gonzagues une aide alimentaire mensuelle.
Nous avons payé la scolarité en maternelle de Miguel, le petit dernier, et nous achetons fournitures scolaires, chaussures et parfois des vêtements aux trois enfants à chaque rentrée.
Moylane, l'aînée, en échec scolaire, avait quitté l'école. Je l'ai persuadée d'y retourner et de s'inscrire dans un cycle de formation pratique plus adapté à son niveau. Elle a hésité un moment, puis a accepté. La voilà donc de nouveau à l'école. Nous lui apportons chaque semaine de quoi s'acheter un repas de midi correct sur place, dans l'enceinte de l'école, car il n'existe pas de cantine scolaire à Rodrigues. Elle m'a montré fièrement en décembre 2006 ses classeurs, ses cahiers, son travail. Je l'ai chaleureusement félicitée, évidemment.
Nous avons acheté des moutons et des poules à Gonzagues. Mais les animaux ont été d'après lui décimés par une étrange maladie. J'ai plutôt tendance à penser qu'il les a soit mangés soit revendus, malgré ses dénégations. Je lui avais expliqué que ces animaux étaient destinés à se reproduire, il pourrait alors vendre soit les oeufs, soit les poussins, soit les agneaux mais en aucun cas les "parents", capital de départ. Mais comment ne pas comprendre que lorsque on se trouve dans une telle misère et justement à la tête d'une "fortune" en bétail, on ne soit pas tenté de récupérer un peu d'argent ?
Cependant, j'ai fait la leçon à Gonzagues, qui désire maintenant élever des porcs. "C'est votre dernière chance. Si vos cochons ne se reproduisent pas, nous cesserons notre aide" (commencée en décembre 2002)
Nous avons installé l'électricité dans sa petite case. (Gonzagues s'éclairait à la bougie), fourni des tôles neuves pour qu'il puisse aménager une pièce supplémentaire qui ferait office de cuisine, et puis tout récemment obtenu du nouveau gouvernement la promesse d'octroyer à Gonzagues et à ses 3 enfants une maison en dur, au cours de l'année 2007. Je verrai ce qu'il en est lors de mon prochain séjour en décembre.
Deux adhérents donateurs versent chacun 20 euros par mois pour cette famille. Soit 40 euros, soit environ 1600 roupies par mois. Comme la nourriture s'élève à 1300 roupies, c'est avec les 300 roupies mensuels qui restent que nous pouvons acheter en fin d'année fournitures scolaires et bétail.
Les adhérents reçoivent le relevé annuel de leurs dons et des achats effectués, factures à l'appui. Ainsi, chacun sait exactement comment est utilisé l'argent qu'il verse à l'Association.
Adresse de l'Association : AERO : 11, rue Hippolyte Foucque, 97480 - St-Joseph.