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Décembre 2002.
Cristophe et Santana FARLA sont deux enfants, que leur mère, partie chercher du travail à Maurice, a confié à leur grand-mère Mathilde. Mais elle ne donne plus signe de vie. Mathilde, quand elle s'adresse à moi alors que je rends visite à une autre famille du quartier, est désemparée. Elle n'a plus les moyens d'élever les enfants. Avec les 2000 roupies de "pension vieillesse" (50 euros) que lui attribue le gouvernement, elle ne peut faire face à leurs besoins.
Je décide de l'aider, évidemment.
Attribution comme à toutes les familles d'une aide alimentaire immédiate, achat de vêtements, de chaussures, de fournitures scolaires pour les enfants.
En 2003, achat de 5 cabris pour démarrer un élevage.
Je découvre plus tard, lors d'un nouveau séjour dans l'île, que Mathilde a deux grands fils. Dont l'un est poursuivi par la justice pour abus sexuels sur un petit garçon du quartier. L'autre est pêcheur. Je suis inquiète pour les enfants et un peu fâchée que Mathilde m'ait caché la présence à la maison de ses deux garçons, capables de travailler. Hors de question de les nourrir aux frais de l'Association. Arrêt de l'aide alimentaire en 2004 mais poursuite de notre assistance à la scolarité des enfants.
Achat régulier de fournitures scolaires et attribution d'une somme forfaitaire hebdomadaire à Santana pour son repas de midi au Collège, qui réussit tous ses examens de fin d'année alors qu'elle avait pensé à une certaine période, abandonner l'école. Je l'en ai vivement dissuadée, lui décrivant un avenir incertain, mariée et dépendante d'un homme qui pourrait l'abandonner avec des enfants, comme c'est souvent le cas à Rodrigues. Elle a compris et s'est remise sérieusement au travail.
Christophe avoue être en échec scolaire. Il est très attiré par le métier de pêcheur et je me demande si nous allons insister pour qu'il poursuive des études. Je lui ai proposé une formation spécifique qui n'a pas eu l'air de l'enchanter.
Actuellement, les enfants sont toujours suivis par l'Association. Le Directeur du Collège fréquenté par Santana me fait parvenir un relevé mensuel de ses absences. Tout va bien pour elle.
A chacun de mes séjours je questionne les enfants à propos de la conduite envers eux de leur oncle pervers, mais il semblerait qu'ils ne soient pas menacés par ses agissements. Mais comment savoir. La loi du silence est de rigueur à Rodrigues...