Posté le 11.10.2007 par solidariteenfants
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Yanette, et deux de ses filles, dans sa maison inachevée
L'accouchement de Yanette s'est mal passé. Elle est tombée malade. De plus son frère est mort brutalement dans un accident de voiture et Yanette a commencé peu à peu à déraisonner.
La charge de 6 enfants lui paraissait sans doute insurmontable et le chagrin éprouvé par les disparitions successives de son mari et de son frère l'ont totalement déstabilisée.
Elle a alors eu des réactions surprenantes, accusant les uns et les autres de méfaits imaginaires, soupçonnant notre relais à Rodrigues de garder l'argent de l'Association qui lui était destiné, alors que nous ne donnons jamais d'argent liquide aux familles mais apportons des aides matérielles pratiques.
Yanette a souhaité élever des poules, que nous lui avons fournies et qu'elle a mangées sans vergogne, ignorant complètement le but que nous nous étions fixé, faire en sorte que l'élevage se multiplie et progresse pour lui assurer un revenu.
Puis, elle a voulu des cochons. Nous en avons acheté quatre en réitérant notre objectif, pour lui donner une seconde chance.
Les cochons ont été revendus et il ne nous était plus possible d'établir un quelconque projet avec elle. De plus l'aide alimentaire que nous lui fournissions était très mal gérée et j'ai même pensé un moment qu'elle revendait aussi le riz que l'Association lui faisait livrer.
Nous avons donc abandonné notre aide, tout en continuant à fournir vêtements, chaussures et matériel scolaire aux enfants. Et trois ans plus tard, nous avons inscrit la petite Joannie à l'école maternelle.
Le cas de Joannie fera l'objet d'une autre page...
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Posté le 11.10.2007 par solidariteenfants
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J'ai rencontré cette maman de 5 enfants, (enceinte d'un sixième) en 2002, alors qu'elle s'était réfugiée au Centre Communautaire de Petit Gabriel après le passage d'un cyclone qui avait emporté son mari en mer avec 5 autres pêcheurs.
Son mari construisait une maison, et pendant les travaux le couple et leurs enfants vivaient chez le beau-frère de Yanette. Après la disparition de son mari, il aurait été malséant pour elle de demeurer chez son beau-frère. Yanette et ses enfants étaient donc forcés de rester au Centre Communautaire, dans des conditions précaires, jusqu'à ce que sa maison soit habitable.
Très perturbée par la mort de son mari, Yanette ne voyait pas de solutions à sa détresse. Un élan de solidarité a bien eu lieu dans l'île, j'ai vu des organismes comme l'IFAD (Aide à l'Agriculture) apporter des cartons de vivres à la famille, le gouvernement a également versé la somme de 10 000 roupies à cette maman qui se retrouvait veuve avec 5 enfants et un sixième à venir. Et AERO s'est mobilisée.
Dans l'immédiat, livraison de nourriture et achat de fournitures scolaires pour les enfants.
Puis aide à l'achat de matériaux pour terminer les travaux de façon à ce que la maison soit habitable, (ciment, sable, crépi) Tout le voisinage s'est mobilisé pour achever le plus urgent.
Quand Yanette a pu s'installer chez elle, l'Association lui a fourni une cuisinière à gaz deux feux, une bouteille de gaz, et a acheté une table métallique pour y poser le camping gaz.
Tout en lui assurant des livraisons de nourriture (à hauteur de 1200 roupies mensuelles), et en poursuivant notre aide aux enfants scolarisés, nous avons également acheté une marmite à riz et une armoire.
Posté le 10.10.2007 par solidariteenfants
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Miguel, en décembre 2005, tout épanoui, de retour de courses pour la rentrée 2006 et que je viens d'équiper en vêtements, chaussures et fournitures scolaires.
Voir article précédent du 14/9, (le développement de l'Association)où j'expose plus longuement la situation de cette famille.
Posté le 09.10.2007 par solidariteenfants
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Je continue à vous faire visiter l'Ile.
Installation de pêcheurs à Rivière Coco pour faire sécher le poisson...
Rivière Coco se trouve sur la petite route qui relie Songe à La Fourche Corail. Je m'y arrête souvent pour déjeuner chez James BEGUE, un tout petit restaurant de quartier qui propose une cuisine familiale savoureuse. On y fait un poulet au miel absolument exceptionnel (mais qu'il faut commander un ou deux jours avant) que j'accompagne souvent d'une salade de papaye verte tout aussi délicieuse.
A ne pas rater si vous allez à Rodrigues...Vous pouvez venir de ma part, j'y ai déjà envoyé quantité de touristes ou d'adhérents, toujours très bien reçus. Et de plus, le repas n'est pas cher du tout, 3 ou 4 euros...
Posté le 09.10.2007 par solidariteenfants
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Une plage de Rodrigues. Elles sont toutes comme ça...immenses et désertes...
Je ne suis pas du genre à m'installer sur le sable, les doigts de pieds en éventail. Ca ne me ressemble pas...
D'un naturel plutôt actif, je vais à Rodrigues pour travailler. Il m'est impossible de m'allonger à ne rien faire alors que de nombreuses familles et de nombreux enfants m'attendent...
Mais encore une fois, il n'est pas interdit d'en prendre plein les yeux...
Posté le 09.10.2007 par solidariteenfants
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Pour vous familiariser avec Rodrigues. Ici, l'île Hermitage, que l'on découvre en descendant de Mont Lubin par une route en lacets, en direction de Songe. De là on peut se diriger soit vers Mourouk et son Grand hôtel, soit vers La Fourche Corail et l'aéroport.
L'île Hermitage est appelée aussi l'île des Amoureux par les Rodriguais à cause du coeur, nettement visible qui l'entoure, formé par les différentes profondeurs du lagon.
Elle est inhabitée mais on peut s'y rendre pour y passer la journée et pique-niquer. Un seul impératif, ramener ses déchets évidemment ! Elle est bordée d'une petite plage qui permet aux visiteurs de se baigner.
Rodrigues offre comme ça des merveilles visuelles dont je ne me lasse pas, tout en parcourant l'île dans tous les sens pour voir les familles disséminées un peu partout dans l'île.
Posté le 09.10.2007 par solidariteenfants
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Juste une photo supplémentaire représentant Moîse PROSPER alors qu'il se prodruisait dans un groupe de musique traditionnelle à Rodrigues et qui donne également une idée du spectacle de qualité qu'on nous propose dans tous les hôtels de l'île.
A Rodrigues chaque village possède sa troupe de musiciens et de danseurs, mêlant très jeunes garçons ou très jeunes filles à des musiciens ou des chanteurs d'un certain âge, héritiers d'une culture musicale vivace qui se transmet au sein des familles.
Posté le 08.10.2007 par solidariteenfants
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C'est pure coïncidence si ce jeune homme, que nous avons également scolarisé à Maurice au Centre St-Montfort se nomme également PROSPER. Il n'a cependant aucun lien de parenté avec Lelio dont j'ai parlé précédemment.
J'ai rencontré Moïse à Rodrigues, à l'issue d'une représentation de musique traditionnelle qui avait lieu dans mon petit hôtel, comme tous les vendredis soirs. Comme il est d'usage à Rodrigues, à la fin du spectacle, danseurs et danseuses s'égayent dans la salle et invitent le public. Moïse m'avait repérée. Il connaissait mon travail dans l'île et avait pensé que je pourrai peut-être le sortir de la situation catastrophique dans laquelle il se trouvait. Il m'invita donc à danser une polka piquée et me glissa rapidement : "J'ai besoin de vous parler. J'ai besoin d'aide." Rendez-vous pris pour le lendemain bien que je me demandais quelle était la nature exacte de l'appel au secours entendu. Tellement de Rodriguais (tous sexes confondus) imaginent que je suis milliardaire et me sollicitent pour une assistance financière que j'étais déjà prête à opposer un refus catégorique tout en en expliquant les raisons. Nous travaillons sur des projets, pas sur des situations particulières ponctuelles qui n'aboutissent à rien à notre avis sauf à soulager momentanément les personnes qui retrouvent rapidement leurs problèmes qui ne seront pas résolus.
Le cas de Moïse méritait cependant d'être examiné.
Fils unique d'un couple divorcé, il avait été élevé par sa grand-mère. Sa mère était partie à Maurice, s'était remariée et son père vivait en concubinage avec une autre femme à Rodrigues. Apparemment, ni l'un ni l'autre n'assurait le devenir de cet enfant. Lorsque sa grand mère mourut, il se retrouva seul, avait quitté l'école depuis longtemps, faisant de petits boulots à droite et à gauche, et il resta prostré plusieurs mois dans une maison sans eau ni électricité (coupée faute de moyens pour la payer). Il se mit à boire. Et réussit malgré tout à se faire engager dans une troupe de musique traditionnelle, ce qui lui assurait un revenu très minime qu'il engloutissait aussitôt dans le rhum.
Une tante bienveillante l'hébergea un moment. Mais la cohabitation était tendue. C'est dans ce contexte là qu'il me demanda de lui offrir une chance. Il voulait reprendre des études et semblait motivé. Doué en électro technique me dit-il quand il était encore scolarisé, il souhaitait trouver une formation dans ce domaine. J'avoue que j'ai hésité. Comment faire confiance à un alcoolique? Serait-il capable de retrouver suffisamment d'énergie pour s'en sortir?
Quelquefois, quand l'enjeu est important, comme l'autodestruction annoncée de ce jeune homme de 19 ans, et qu'il lance une bouée à la mer, je pense qu'on n'a pas le droit de se détourner.
Moïse entra donc au Centre St-Montfort à Maurice qui offrait la formation qu'il souhaitait, hébergé successivement par sa mère, puis par des religieux, et enfin par une tante, il dépasse toutes les espérances. Ses bulletins scolaires, que je reçois chaque trimestre, me confortent dans l'idée que ce coup de poker valait le coup. Premier de sa classe, avec des commentaires élogieux de ses professeurs, Moïse a cessé complètement de boire. Je l'ai revu rapidement lorsque je suis allée me rendre compte des conditions de vie de la famille de Lelio, et je lui ai trouvé un visage lisse, déterminé et serein.
Sa scolarité nous a coûté cher. 600 euros par an, a duré deux ans, 2006, 2007, Mais Moïse, qui souhaite retourner à Rodrigues a maintenant un travail assuré.
L'avenir nous dira si notre main tendue a suffi pour démarrer une nouvelle vie plus constructive...
Posté le 07.10.2007 par solidariteenfants
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Il existe bien, à Rodrigues, un "Atelier de Savoirs" en menuiserie, mais qui ne correspondait pas à la formation en sculpture sur bois que désirait faire Lelio.
Désolée, je n'ai plus de photos de Lelio, toutes expédiées aux adhérents qui le parrainent.
Son cas est un peu particulier. Il vit à Maurice avec sa maman qui a quitté Rodrigues pour échapper à un mari alcoolique et violent. Elle souffre d'hypertension et de diabète et vit avec 2000 roupies par mois (50 euros).
Ils occupent un squatt, à Baie du Tombeau, près de Port Louis, une petite maison en tôle, accolée à d'autres, et très bien tenue. Je suis allée les voir pour mieux évaluer leurs conditions de vie et j'ai immédiatement décidé d'aider Lelio pour sa scolarité.
Lélio souhaitait apprendre la sculpture sur bois. Un seul Centre de Formation lui permettait de suivre cet apprentissage. Mais très onéreux, car privé. Il s'agit de Centre Technique St-Montfort qui a l'excellente réputation d'assurer un enseignement de qualité et de trouver des débouchés à ses élèves en fin de formation.
Impossible pour la famille de financer les 24 000 roupies annuelles (600 euros) pour que Lélio puisse réaliser sa formation en deux ans.
AERO, grâce au soutien de l'Association THOT, a pu l'aider.
Compte tenu des difficultés réelles de cette famille, j'ai également décidé de fournir à ce jeune le paiement d'un repas de midi décent à la cantine de son établissement (900 roupies par mois, sur 10 mois, 22 euros, 50, ce qui nous paraît dérisoire mais vital pour lui)
Au total, 825 euros par an.
Mais au moins, voilà un garçon qui, grâce à ses capacités et à sa volonté de réussir pourra exercer un métier qui lui plaît.
Posté le 05.10.2007 par solidariteenfants
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J'ai rencontré cette jeune maman de deux enfants, Marie Loren et Jean Ivan en mars 2007. Elle m'avait été signalée par l'aide cuisinière de l'Auberge où je réside à Rodrigues.
Marie-Annick ne peut pas dormir dans sa petite case en tôle, envahie par les rats. Elle se rend donc tous les soirs avec ses deux enfants chez une voisine pour y passer la nuit à l'abri d'une éventuelle agression des rongeurs.
Abandonnée par son concubin, elle n'a aucune ressource. Mais elle est volontaire. Elle a fait des études, a cherché désespérément du travail sans succès et elle cultive un bout de jardin pour permettre aux enfants de manger des légumes frais. Ce sont ses parents qui l'aident pour la nourriture quotidienne et quelquefois ses voisins.
Elle vit donc dans une insécurité totale, démunie de tout.
Je lui ai donc immédiatement apporté une aide alimentaire, et j'ai fait des démarches auprès du nouveau gouvernement pour qu'elle obtienne une maison en dur.
Il ne m'a pas été possible d'acheter des vêtements, des chaussures et des fournitures scolaires aux enfants car je n'avais encore pas d'adhérents donateurs pour cette famille, que j'ai finalement trouvés en rentrant à La Réunion. J'effectuerai donc ces achats en décembre, lors de mon prochain séjour.
Je pense que l'aide de l'Association portera sur quelques années pour que Marie-Annick puisse complètement sortir de sa misère actuelle. Elle a besoin de tout. Et avant de développer un élevage, nous devrons attendre qu'elle soit correctement installée dans sa nouvelle maison que nous l'aiderons à équiper(eau, électricité, quelques meubles indispensables).
Les photos jointes sont assez parlantes. (Intérieur de la case en tôle, enfants au regard assez sombre...)