Posté le 04.10.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Notre aide envers cette famille est relativement récente, Mars 2007.
Quand j'ai rencontré Marie-Josée, j'ai été atterrée.
C'est une maman de 37 ans, avec 10 enfants. Mais tous ne vivent pas avec elle. Les deux aînés sont à Maurice où ils travaillent. Deux autres enfants vivent, l'un chez une tante, l'autre chez leur grand-père.
Il en reste six, (photos jointes) qu'elle élève seule.
Marie-Josée était mariée à un alcoolique, drogué, extrêment violent, actuellement en prison à Maurice où vivait toute la famille. Elle a "profité" si on peut dire de son incarcération pour revenir à Rodrigues d'où elle est native.
Cette femme a été régulièrement battue eu point qu'il lui manque toutes les dents de devant, cassées par les coups de son mari.
La famille habite une maison de deux pièces offerte par le gouvernement, dont une seule, quand je lui ai rendu visite pour la première fois, était "meublée", la deuxième totalement vide. Dans la première pièce deux petits lits en 90, des cartons avec des vêtements, une chaise. C'est tout.
La détresse de cette famille m'a bouleversée.
Après avoir élaboré un dossier, pris quelques photos destinées aux donateurs, je me suis précipitée au supermarché pour acheter de la nourriture que j'ai livrée moi-même sur le champ. J'ai trouvé une bonne âme pour charger le sac de 50 kilos de riz sur son dos et l'apporter à Marie-Josée, ainsi que des ingrédients de base, tels que huile, sucre, haricots secs, tomates, poulet, poisson, céréales, savons, savonnettes, dentifrice, etc...
De retour à La Réunion, j'ai cherché des donateurs, qui ont répondu favorablement à mon appel lorsque j'ai détaillé la situation de Marie-Josée et de ses enfants. L'argent est arrivé et immédiatement j'ai fait équiper les enfants en vêtements, en chaussures et en fournitures scolaires pâr Jean-Noël Hortense, mon collaborateur sur l'île. Puis nous avons installé l'électricité. Puis acheté une marmite à riz électrique. Puis un camping gaz et une bouteille de gaz. Ensuite, il me paraissait urgent d'acheter un lit supplémentaire. C'est chose faite. Et actuellement, une armoire et une table avec 6 chaises doivent compléter l'équipement de la maison.
Lorsque je me rendrai à Rodrigues en décembre, je pense aussi acheter un petit meuble de rangement pour la vaisselle, actuellement posée sur des moellons...et équiper les enfants à nouveau en fournitures scolaires pour la rentrée prochaine de Janvier, voir où en sont leurs besoins vestimentaires.
Pour Marie-Josée, l'aide de l'Association est allée vite parce que de nombreux donateurs se sont mobilisés.
L'année prochaine, nous pourrons donc mettre en place un élevage.
D'après Jean-Noël Hortense, avec lequel je communique régulièrement, la famille est métamorphosée. Les enfants, qui souffraient de malnutrition et qui manquaient de tout, vont beaucoup mieux et ont retrouvé le sourire. La maman s'est un peu épanouie. Elle ne voyait pas d'issue à sa misère et à son incapacité à apporter un minimum vital à ses enfants. La voilà rassurée, encore un peu incrédule de ce qui lui arrive.
--
Posté le 03.10.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Décembre 2002.
Cristophe et Santana FARLA sont deux enfants, que leur mère, partie chercher du travail à Maurice, a confié à leur grand-mère Mathilde. Mais elle ne donne plus signe de vie. Mathilde, quand elle s'adresse à moi alors que je rends visite à une autre famille du quartier, est désemparée. Elle n'a plus les moyens d'élever les enfants. Avec les 2000 roupies de "pension vieillesse" (50 euros) que lui attribue le gouvernement, elle ne peut faire face à leurs besoins.
Je décide de l'aider, évidemment.
Attribution comme à toutes les familles d'une aide alimentaire immédiate, achat de vêtements, de chaussures, de fournitures scolaires pour les enfants.
En 2003, achat de 5 cabris pour démarrer un élevage.
Je découvre plus tard, lors d'un nouveau séjour dans l'île, que Mathilde a deux grands fils. Dont l'un est poursuivi par la justice pour abus sexuels sur un petit garçon du quartier. L'autre est pêcheur. Je suis inquiète pour les enfants et un peu fâchée que Mathilde m'ait caché la présence à la maison de ses deux garçons, capables de travailler. Hors de question de les nourrir aux frais de l'Association. Arrêt de l'aide alimentaire en 2004 mais poursuite de notre assistance à la scolarité des enfants.
Achat régulier de fournitures scolaires et attribution d'une somme forfaitaire hebdomadaire à Santana pour son repas de midi au Collège, qui réussit tous ses examens de fin d'année alors qu'elle avait pensé à une certaine période, abandonner l'école. Je l'en ai vivement dissuadée, lui décrivant un avenir incertain, mariée et dépendante d'un homme qui pourrait l'abandonner avec des enfants, comme c'est souvent le cas à Rodrigues. Elle a compris et s'est remise sérieusement au travail.
Christophe avoue être en échec scolaire. Il est très attiré par le métier de pêcheur et je me demande si nous allons insister pour qu'il poursuive des études. Je lui ai proposé une formation spécifique qui n'a pas eu l'air de l'enchanter.
Actuellement, les enfants sont toujours suivis par l'Association. Le Directeur du Collège fréquenté par Santana me fait parvenir un relevé mensuel de ses absences. Tout va bien pour elle.
A chacun de mes séjours je questionne les enfants à propos de la conduite envers eux de leur oncle pervers, mais il semblerait qu'ils ne soient pas menacés par ses agissements. Mais comment savoir. La loi du silence est de rigueur à Rodrigues...
Posté le 01.10.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Novembre 2005.
Claudia est veuve. Pêcheuse de "zourittes" c'est-à-dire de pieuvres, qui sont un élément du plat national de Rodrigues, elle se rend tous les matins très tôt dans le lagon, munie d'une pique spéciale pour immobliser et transpercer le poulpe qu'elle introduira ensuite dans un grand sac porté en bandoulière à cet effet, et abritée d'un grand chapeau retenu par une bande de tissu nouée sous le menton, laquelle est rattachée au corps principal du chapeau. Ce couvre-chef, typique des femmes rodriguaises surprend, en général les touristes, friands de signes caractéristiques des cultures étrangères.
Ce détail anodin mis à part, Claudia assure seule l'éducation de ses quatre enfants : Nadia, Gaëtan, David, et Jean-Daniel. Pas facile.
Je visite la maison, inachevée, en dur, composée de quatre pièces. Le mari de Clauda est mort alors qu'il avait entrepris la construction de cette habitation qui est restée depuis sa disparition dans l'état. L'eau pénètre par les fissures d'un mur mal terminé, les pièces sont vides, Claudia est désemparée, les enfants sont tristes.
Aide alimentaire immédiate. Achat de vêtements, de fournitures scolaires, de chaussures pour les trois garçons scolarisés. Nadia, l'aînée, a renoncé à faire des études pour aider sa mère à la maison.
Le versement de 20 euros mensuels de trois adhérents nous permet donc de fournir de la nourriture et d'équiper les garçons.
Il reste suffisamment d'argent au bout de quelques mois pour acheter une armoire et des chaises.
Nadia émet alors le souhait de reprendre des études : l'Association finance un stage informatique en plusieurs étapes. Actuellement elle a réussi ses premières épreuves et attaque un second stage.
Compte tenu de la situation de la maison de Claudia, décision d'entamer un élevage de génisses.
Des travaux sont entrepris pour colmater les fissures du mur défectueux.
Des vitres sont installées à la porte et aux fenêtres.
Je pense que d'ici deux ans, Claudia pourra assumer seule la gestion de sa famille.
Notre finalité est là. Qu'on n'ait plus besoin de nous au bout d'un certain temps...
Posté le 01.10.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
C'est un membre du personnel d'un grand hôtel de l'île, qui connaît mon travail, et qui est responsable de son village, qui m'indique le cas de cette maman de quatre enfants, Jean-Noël, Noella, Marie-Noelle, Noémie.
A Rodrigues, un responsable de village est désigné par la population pour recueillir les doléances des habitants et qui transmet au gouvernement les problèmes et les besoins rencontrés par chacun.
Ce Monsieur m'emmène donc voir Angélique qui vit dans une maison en dur offerte par le gouvernement. C'est une jeune femme dynamique et souriante, qui, malgré l'abandon de son mari et ses difficultés quotidiennes, respire la joie de vivre...Elle est très active. Je remarque ses efforts pour embellir sa maison, des fleurs ont été plantées tout autour, et pour cultiver un petit jardin.
Pourtant Angélique a beaucoup de mal à faire vivre sa famille.
Je fais le tour du propriétaire, constate que des vitres sont cassées et qu'un tuyau d'arrivée d'eau est trop court pour amener l'eau jusqu'à la maison.
Aide alimentaire immédiate, achat de fournitures scolaires, de vêtements, de chaussures pour les enfants, achat d'un tuyau d'eau plus long, changement des vitres.
Notre aide a démarré en décembre 2006. Angélique habite en pleine campagne et lorsque je la questionne au sujet d'un élevage, nous tombons d'accord sur des vaches, car le lieu s'y prête.
Outre l'assistance que nous continuerons à apporter aux enfants sur le plan scolaire, je pense que d'ici deux ans nous pourrons cesser l'aide alimentaire si Angélique se débrouille pour revendre le produit de son élevage, ce dont je la crois parfaitement capable.
Posté le 30.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Rendy a été abandonnée par son mari avec 3 enfants, Miguel, Natalia et Chrismorgan.
C'est une femme ouverte et volontaire qui m'a interpellée un jour que je rendais visite à une autre famille aidée par l'Association tout près de chez elle.
L'Association (grâce au versement de 20 euros par mois de trois adhérents) se mobilise pour elle depuis décembre 2005. Aide alimentaire mensuelle, achat de vêtements, de chaussures, de fournitures scolaires pour les enfants, scolarisation en maternelle de Chrismorgan en 2006 et en 2007.
Nous avons pu, cette année acheter 3 cochons à Rendy pour démarrer un élevage.
Nous nous occupons également de l'achat de lunettes pour Miguel qui a un problème de vue qui le pénalise à l'école.
Nous pensons poursuivre notre aide encore deux ans, compléter le cheptel de Rendy, de façon à ce qu'elle puisse vivre du développement de son élevage.
Rendy est sérieuse. Elle s'en sortira parfaitement.
Les donateurs aideront ensuite ( en janvier 2010) une autre famille puisque notre contrat avec Rendy sera rempli.
Posté le 29.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
En décembre 2004, quand Vinolia Speville me conduit chez Anne-Marie, maman de quatre enfants, dont une petite fille handicapée, c'est en fait chez ses parents que nous nous rendons, Anne-Marie n'ayant pas encore de domicile personnel.
Elle m'expose sa situation. Abandonnée par son mari, (encore une!) elle n'a aucune ressource.
Les enfants, Josua et Umberto sont sales, pieds nus et portent des vêtements en loques. L'aîné, un garçon de 12 ans ne vit pas avec eux mais avec sa grand-mère à Baie aux Huîtres. Rebecca bénéficie de soins particuliers et en particulier d'une hygiène irréprochable car elle souffre d'une infection du cerveau. Un drain, nettement visible, lui a été implanté sous la peau dans un hôpital mauricien. Elle va avoir trois ans et l'Association prendra en charge les frais de sa scolarité en maternelle.
J'explique à Anne-Marie le fonctionnement de l'Association et dans un premier temps une livraison mensuelle et régulière de nourriture. Ensuite, dès qu'elle sera installée, une aide pour aménager sa maison et plus tard, un élevage.
En octobre 2005, Anne-Marie occupe enfin une petite maison en tôle de deux pièces, mais dépourvue d'eau et d'électricité.
Un généreux donateur m'a remis 1000 euros pour elle et je peux donc engager des travaux.
Eau et électricité en priorité, puis revêtement de sol (un lino qu'elle posera elle-même sur la terre battue) des matelas, car celui sur lequel je suis assise est en mousse moisie et troué...Il est temps de le mettre aux ordures... J'achète des couettes et des draps.
Anne-Marie est une femme assez corpulente et quand je reviens en décembre 2005, j'ai la surprise de la découvrir avec un nouveau-né...Je ne m'étais pas rendue compte en octobre qu'elle était enceinte. Je ne pose aucune question quant à l'heureux papa...mais je me permets de mettre en garde Anne-Marie contre des grossesses multiples et pas toujours désirées, et je lui recommande donc de se protéger.
J'emmène les enfants à Port Mathurin pour leur acheter vêtements, chaussures et fournitures scolaires. Ils sont ravis. Je suis surtout frappée par la tendresse protectrice que manifeste Josua vis à vis de sa petite soeur malade.
Rebecca suit une scolarité normale. Son problème de santé n'entame en rien ses capacités. Anne-Marie l'emmène régulièrement à Maurice où elle est suivie médicalement.
En décembre 2006, je me rends plusieurs fois chez Anne-Marie pour lui proposer de démarrer un élevage, mais je trouve toujours porte close.
Je charge Jean-Noël Hortense de lui rendre visite et de la questionner au sujet du bétail qu'elle préfère.
Lorsque j'irai à Rodrigues en décembre, je pense que l'élevage aura démarré. Ensuite, nous l'aiderons encore un an, et puis, comme c'est une femme responsable et active, nous pourrons la laisser s'assumer seule. Tout en continuant, bien entendu à aider les enfants sur le plan scolaire.
Nous avons d'ailleurs, entre temps, inscrit Umberto en maternelle, dont ce sera la deuxième année en 2008.
Posté le 28.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Yolande et son dernier né, Jean Alex
Je parvins à convaincre plusieurs amis de venir en aide à Yolande et à ses enfants.
Bientôt je pus lui faire livrer une aide alimentaire. Mais qu'elle serait incapable de gérer si elle disposait du stock pour un mois, me dirent Jean-Noël et Moumine qui me proposèrent de garder chez eux la nourriture destinée à Yolande et de lui en octroyer un peu tous les deux jours.
Il existe une réelle solidarité entre les Rodriguais. Tous les voisins de Yolande lui venaient déjà en aide en lui fournissant un petit travail comme la lessive ou le repassage, et ceux qui ne pouvaient rien lui proposer lui accordaient un peu de riz ou quelques légumes pour qu'elle puisse survivre. Avec nos livraisons, Yolande parvint tant bien que mal à s'en sortir.
Curieusement, malgré son léger handicap mental, deux galants se disputaient les faveurs de Yolande et revendiquaient l'un et l'autre fièrement la paternité des enfants ! Fait extrêmement rare à Rodrigues...mais sans pour autant apporter leur contribution à leur éducation.
Lorsque le gouvernement lui accorda une maison en dur, Yolande qui avait longuement hésité, en choisit un avec qui elle eut un 3ème enfant.
L'Association acheta vêtements, fournitures scolaires et chaussures à Chloé et à François, qui entra à l'école maternelle en janvier 2006. Alors que Chloé semblait avoir hérité des problèmes de sa mère, François par contre manifesta une vivacité d'esprit remarquable. Très éveillé, curieux de tout, il se développait tout à fait normalement.
L'Association acheta un matelas à Yolande et quatre chaises qui firent sa joie mais que Jean-Noël découvrit encore empilées dans un coin de sa maison quelques jours plus tard alors que François et Chloé étaient assis sur le rebord du lit...
Craignait-elle de les user ces 4 belles chaises toutes neuves qui lui paraissaient une richesse inestimable? Sans aucun doute...
Jean-noël les installa dans la pièce après avoir recommandé à Yolande de les utiliser !
AERO fit également installer l'électricité dans la maison.
Yolande nous pose problème dans la mesure où on ne voit pas bien comment lui permettre de s'assumer, de devenir autonome. Lui fournir un élevage dont elle ne saura pas s'occuper? Ce serait un coup d'épée dans l'eau...Alors il ne nous reste qu'à apporter aux enfants tout le soutien possible de l'Association pendant la durée de leur scolarité. Je ne pense pas que Chloé pousse ses études très loin. Restent François et le petit Jean-Alex, que nous scolariserons également en maternelle le moment venu.
Posté le 27.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Yolande avec Chloé et François
Jean-Noël HORTENSE, dont j'ai déjà parlé plusieurs fois, sensible, avec son épouse à l'attention que nous portons aux familles en difficulté et qui exerce un suivi de ces familles lorsque je suis absente, m'a signalé en 2003 le cas de cette maman d'une petite fille, Chloé.
Jean-Noël m'avait téléphoné à La Réunion, juste avant que je me rende à Rodrigues pour me demander si je n'avais pas des vêtements de bébé que je pourrais apporter, Yolande allait accoucher et elle n'avait strictement rien pour habiller son nouveau-né.
Ca tombait juste au moment où j'effectuais un voyage avec 25 de mes élèves et des vêtements de bébé, nous en avions en grande quantité.
Dès notre arrivée à Rodrigues, je me rendis à la maternité. Yolande venait de mettre au monde trois jours plus tôt un petit François, qui lorsque je pénétrai dans les locaux, hurlait, la tête en bas, violemment secoué par la sage-femme qui le tenait par les peids et tentait de lui faire régurgiter les grains de riz et les biscuits que sa mère avait essayé de lui faire avaler...
Jean-Noël m'avait prévenu que Yolande "n'avait pas toute sa tête", mais à ce point là, je ne l'imaginais pas...La sage-femme non plus...qui expliqua le plus calmement qu'elle put à Yolande qu'un bébé de 3 jours se nourrissait exclusivement au sein. Toujours est-il qu'on accueillit ma layette avec bonheur et on habilla l'enfant pour l'heure entortillé dans une couverture de l'hôpital. La sage-femme me demanda si j'avais un moyen de transport pour reconduire Yolande chez elle. Je fus surprise par le séjour très bref des mamans à la maternité, me gardai bien de faire de commentaires et Yolande, soulagée, car de plus, il pleuvait ce jour là, grimpa dans ma voiture.
Je la déposai tout près de sa maison et confiai plus tard mes inquiétudes à Moumine, la femme de Jean-Noël, qui connaissait bien Yolande, laquelle habitait non loin de chez elle.
"Elle a besoin de tout, me dit Moumine. Elle vit dans une petite case en tôle, qui ne lui appartient pas, prêtée par un ami qui vit à Maurice. Sa mère qui habite une maison en contrebas s'est mise en ménage avec un alcoolique qui refuse la présence de Yolande dans la maison et qui frappe tout le monde quand il a trop bu, ce qui est très fréquent, y compris les enfants."
Je me rendis chez Yolande, découvris, consternée, ses conditions de vie.
La case en tôles rouillées ne contenanit qu'un lit, dont le matelas sur lequel les enfants avaient abondamment uriné, séchait au soleil...
Il me fallait faire quelque chose. Mais je ne disposais pas de nouveaux donateurs, que je me promis de trouver à mon retour à La Réunion.
Posté le 26.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Un autre exemple de réussite, Marjorie.
Lorsqu'on m'a indiqué la situation de cette maman abandonnée avec trois enfants par un conjoint parti à Maurice sans laisser d'adresse, je lui ai rendu visite aussitôt. C'était en décembre 2004.
Curieusement, elle était hébergée par ses beaux-parents, qui devaient sans doute se sentir concernés par l'irresponsabilité de leur fils et par la détresse de cette jeune femme à laquelle ils apportaient un minimum vital ainsi qu'à ses enfants.
Les parents de Marjorie habitaient pourtant Rodrigues mais ne pouvaient la prendre en charge avec sa petite famille, faute de moyens.
Marjorie ne possédait rien, strictement rien qui lui appartienne en propre. Elle dépendait entièrement de ses beaux-parents et le découragement se lisait sur son visage. Elle avait l'impression de ne pas exister par elle-même mais de survivre péniblement.
Je lui proposai notre aide, lui expliquai le fonctionnement de l'Association et lui promit de lui faire livrer de la nourriture dès le lendemain. Marjorie sourit timidement, sans oser encore croire qu'elle disposerait désormais d'un "bien" personnel.
Lorsque je revins à Rodrigues, Marjorie avait quitté le domicile de ses beaux-parents et s'était installée chez sa mère, maintenant qu'elle pouvait s'assumer. Cependant, elle espérait toujours le retour du papa de ses trois bambins.
J'emmenai toute la famille acheter des vêtements, des chaussures et des fournitures scolaires. Kelly, l'aînée, 3 ans, qui allait entrer en maternelle, scolarité assurée par AERO, comprit très vite mon rôle. Elle me confondit avec le Père Noël. Elle tirait le pan de ma jupe en me montrant tout ce qui lui faisait envie et j'étais obligée de réfréner ses élans de consommatrice débridée ! Noam, 2 ans me paraissait très perturbé. Il avait peur de tout, pleurait sans cesse, réclamant les bras de sa mère qui portait déjà Nolwen, 5 mois. Quand je l'installai sur une sorte de manège installé à l'entrée d'un grand magasin, que j'introduisis une pièce et que l'animal se mit à bouger, Noam, que je pensais distraire, se mit à hurler si fort qu'on dut le calmer dehors tranquillement. Kelly, elle, s'était empressée de prendre sa place, ravie de l'aubaine.
Marjorie reçut ainsi notre aide alimentaire pendant trois ans, ainsi que que le paiement des frais de scolarité de ses enfants dès qu'ils ont été en âge d'aller à l'école.
Cette année seulement, elle a accepté l'idée que son conjoint ne reviendrait plus et s'est résolue à demander une maison en dur au gouvernement.
Entre temps, compte tenu de sa volonté et de son sérieux, nous lui avons fourni l'élevage qu'elle désirait : des poules pondeuses. Nous avons construit les cages, acheté les aliments nécessaires pour démarrer et ça marche. Elle a trouvé acheteurs de ses oeufs dans le quartier, et quand j'ai fait le point avec elle, en mars dernier, de ses revenus, elle me les a clairement exposés. Elle gère parfaitement son élevage. Lorsque ses poules ne pondent plus, elle les revend pour la viande et en achète de plus jeunes.
Nous pourrions "l'abandonner" maintenant, tant elle se débrouille bien, mais j'attends qu'elle obtienne sa petite maison indépendante pour l'aider à s'installer, ensuite nous pourrons la laisser voler de ses propres ailes.
Je voudrais juste ajouter que Marjorie s'est métarmophosée. Elle que j'ai connue quasiment désespérée, a retrouvé sa dignité, elle est active, souriante, et ne cesse de dire que notre "coup de pouce" pour la sortir de sa situation lui a changé la vie. Noam est beaucoup plus détendu. Kelly toujours aussi dynamique, Nolwen épanoui.
Prochaines nouvelles en janvier à mon retour de Rodrigues. Marjorie, pour laquelle je suis intervenue auprès des responsables de gouvernement, aura-t-elle enfin obtenu sa maison? Je l'espère de tout coeur.
Posté le 26.09.2007 par solidariteenfants
[i][/i][FONT=Courier][SIZE=14][COLOR=blue]
Un couple d'adhérents qui rendaient visite aux deux enfants qu'ils parrainaient à Anse Quittor, ont été interpellés par une toute jeune femme qui vivait dans des conditions très difficiles et m'en avaient parlé.
Je ne m'en suis pas occupée tout de suite, je l'avoue. Mais quand je suis revenue dans le quartier pour voir d'autres familles, elle s'est timidement approchée de moi, un bébé dans les bras.
Vraiment très jeune, le visage ouvert mais préoccupé, elle me conduisit jusque chez elle et me montra sa maison. Une petite case en tôle, quasiment vide, mais ce qui la préoccupait le plus, c'était la poutre de traverse qui soutenait le toit, complètement fendue par le milieu, prête à se rompre à n'importe quel moment. En vivant ici, Monique et son bébé couraient un grand risque.
Monique avait dû quitter l'école où elle réussissait bien, parce que enceinte. Elle s'exprime parfaitement bien en français, ce qui prouve qu'elle était bonne élève. C'est malheureusement le cas de nombreuses jeunes filles à Rodrigues.
Elle n'avait pas de famille, à part sa soeur, mariée, et voisine, dont l'époux refusait catégoriquement de la soutenir d'une façon ou d'une autre. Sans ressources, comment vivait-elle? Très mal. Pour l'instant, Emilio, son petit garçon prenait encore le sein, mais tous les deux manquaient de tout.
Elle me parut volontaire et déterminée. Je décidai de l'aider. Pour une fois, l'évolution de Monique me prouva que j'avais eu raison.
A l'annonce d'un cyclone, Monique se réfugia au Centre Communautaire du village. Les vents violents anéantirent en quelques minutes sa petite maison.
Maintenant Monique n'avait vraiment plus rien. Dans l'immédiat je lui fis livrer de la nourriture, lui achetai un matelas et une marmite (à sa demande) pour faire cuire le riz. Elle fit une demande de maison en dur au gouvernement, qu'elle obtint.
Le gouvernement lui attribua également un lit. Quand elle fut installée, j'évaluais ses besoins. Une armoire me parut indispensable, un camping gaz, une bouteille de gaz vinrent ensuite, de façon à ce qu'elle ne soit pas obligée de faire un feu deux fois par jour dehors pour faire la cuisine.
Dès que Emilio eut trois ans, l'Association prit en charge ses frais de scolarité en maternelle. On lui acheta des vêtements, des chaussures. A chacun de mes voyages à Rodrigues j'apportai du linge pour Monique et son petit garçon.
Monique, heureuse d'avoir un logis décent, entreprit de planter des fleurs et des légumes autour de la maison. Mais je les vis se dessécher petit à petit. Monique ne disposait pas d'eau, qu'il lui fallait aller chercher assez loin et ramener dans des seaux, pour se laver, pour faire la cuisine, la lessive...
Je décidai de financer une arrivée d'eau.
A Rodrigues de gros tuyaux traversent l'île de part en part. Les familles peuvent effectuer un branchement à condition qu'elles fournissent le matériel. Une prise à brancher sur le tuyau principal et un tuyau secondaire qui amène l'eau jusqu'à la maison. Je revins avec Jean-Noël Hortense, mon collaborateur à Rodrigues, et arpenteur de son état, qui muni de ses instruments de mesure entreprit d'évaluer la longueur du tuyau nécessaire.
Bientôt Monique bénéficia de ce qui nous paraît, à nous, nantis, si naturel, une arrivée d'eau devant sa porte.
Je voyais sa maison, toujours très propre, s'embellir à chacune de mes visites. De petits napperons en dentelle et un soin méticuleux à entretenir son environnement.
Le moment était venu après 5 ans d'assistance, et d'aide alimentaire régulière, de lui proposer un élevage. Monique choisit des moutons. Elle est maintenant propriétaire de 10 femelles et d'un bélier...Elle vend ses agneaux et agrandit son cheptel. Elle se débrouille parfaitement bien.
Elle a rencontré un ami dont elle a eu une petite fille, Axelle, aujourd'hui âgée de trois ans.
Nous l'avons "lâchée" puisqu'elle peut s'assumer désormais sans notre aide. Mais nous continuons à acheter des fournitures scolaires à Emilio et nous avons inscrit pour la rentrée 2008, sa petite Axelle à l'école maternelle.
Voilà un bel exemple de réussite de notre travail.
Mais encore une fois, cela a été possible parce que cette jeune femme avait une éducation de base et une volonté suffisantes pour s'en sortir.
D'où nos efforts permanents pour scolariser le plus d'enfants possibles.
Je reste profondément convaincue que l'éducation et la culture sont la clé pour échapper à la misère. Monique en est un parfait exemple.